Trente kilomètres entre deux mers, deux continents, et dix siècles de palais. Récit d'une journée en yacht, de la jetée de l'hôtel jusqu'à la mer Noire.
Neuf heures. Le yacht se détache de la jetée de l'hôtel et le Bosphore s'ouvre devant nous, gris-bleu, traversé de ferries blancs. Sur la rive européenne, les yalı, ces maisons de bois du XVIIIe siècle, alignent leurs façades pastel ; sur la rive asiatique, les collines sont encore dans la brume.
Le capitaine remonte lentement vers le nord. Le palais de Dolmabahçe, puis Ortaköy et sa mosquée baroque sous le premier pont. Puis les forteresses : Rumeli Hisarı d'un côté, Anadolu Hisarı de l'autre, construites face à face pour verrouiller le détroit avant la prise de Constantinople.
Vers midi, le chef sert le déjeuner sur le pont arrière : mezzés, bar grillé, une salade de roquette et de grenade. Nous mouillons dans une anse d'Anadolu Kavağı, le dernier village avant la mer Noire. Un château génois veille sur la baie.
L'après-midi est libre. Certains descendent à terre visiter un yalı ouvert au public ; d'autres restent à bord, à lire, à regarder les cargos qui viennent d'Odessa. Le retour se fait à contre-courant, plus lentement, tandis que la lumière descend sur les minarets de Sultanahmet.
Dix-huit heures. La jetée de l'hôtel, un thé, et l'impression d'avoir traversé un livre d'histoire sans quitter son transat. Le hammam, réservé pour vous, vous attend au sous-sol du palais.
Publié le 19 mai 2026 · Récit
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